Benjamin Sternthal, B. A. 1992, M. Arch. 1994
9 FÉVRIER 2023
Président, Kodem Developments Inc.

Je viens de Montréal. Quand j’étais jeune, le fait de vivre dans une ville dotée d’une université de calibre international, comparable à n’importe quelle université de l’Ivy League aux États-Unis, m’impressionnait. J’ai toujours eu l’intention d’étudier à McGill.
Après avoir obtenu un diplôme de premier cycle en géographie et systèmes urbains avec une mineure en études environnementales, je suis allé voir le Dʳ Avi Friedman, de l’École d’architecture, car son travail sur le projet « Grow Home » m’inspirait. Il avait contribué à concevoir un type de logement abordable, ce qui était remarquable.
Je suis donc allé le voir et je lui ai dit : « Je termine mon baccalauréat en géographie urbaine et j’aimerais étudier l’architecture sous votre direction. » Il m’a répondu : « Mais vous n’avez pas de diplôme de premier cycle en architecture. » Je lui ai dit que mon père était entrepreneur général et que je travaillais dans la construction chaque été. « Quoi d’autre? » m’a-t-il demandé. « Eh bien, mon arrière-grand-père était Moïse, et il a construit les pyramides. » Il a ri et, avec le directeur du département, a décidé de me donner une chance.
Depuis, les règles ont changé et il est maintenant possible de s’inscrire à une maîtrise en architecture sans diplôme de premier cycle dans ce domaine. Avi était un professeur vraiment extraordinaire. Il m’a ouvert les yeux sur ce qu’est un bon projet. Il m’a encouragé à ne jamais cesser d’apprendre, d’explorer et de questionner. Encore aujourd’hui, ma bibliothèque est remplie de ses livres. Les leçons que j’ai apprises au département me guident dans chacun de mes projets. J’ai appris ce qui est bon pour une ville et comment équilibrer une entreprise privée tout en tenant compte de l’impact sur la vie des gens.
Chaque fois que je franchis la porte en bois franc de l’École d’architecture, je sens ma tension artérielle baisser. J’ai l’impression d’entrer dans un sanctuaire. C’est comme le sentiment qu’éprouve un artiste lorsqu’il se coupe du monde. Comme si j’entrais dans le jardin d’Éden. En franchissant les portes ou en remontant la rue McTavish, on quitte l’agitation urbaine pour pénétrer dans cet environnement calme et protégé.
Tant d’années plus tard, Avi m’invite toujours dans ses cours d’architecture. Je me sens très lié à McGill et je serai toujours reconnaissant envers l’École d’architecture.
Mon diplôme de premier cycle était généraliste, mais mes travaux en géographie urbaine et en sciences de l’environnement ont jeté les bases de tout ce que j’aime dans ce monde. J’adore voyager. Avant d’avoir des enfants, j’étais un adepte du sac à dos, sautant dans les avions et faisant de l’autostop dans les pays en développement. En Afrique de l’Est, j’ai découvert mon amour pour les montagnes, le plein air et les gens qui font partie intégrante de la géographie.
J’aime aussi la cartographie et le dessin de cartes. En décembre, j’emmène mes enfants dans les Caraïbes pour naviguer d’île en île. C’est moi qui assurerai la navigation; tout cela vient du fait que la géographie m’a ouvert un monde de cartes et a développé mon goût pour l’exploration de plus de 200 pays, dont certains sans eau courante ni électricité.
Grimper des montagnes dans ces pays et rencontrer des sherpas ainsi que toutes sortes de gens a été une expérience enrichissante. Dans le monde des affaires, où je travaille avec des gens différents sur toutes sortes de projets, la moitié de mon travail consiste à comprendre les gens, et l’autre moitié est technique, créative et commerciale. Mais le côté humain représente vraiment les 50 % qui font la différence; mon parcours a donc jeté de bonnes bases pour la prochaine étape de ma vie.
Dans notre entreprise, notre devise est : « Nous créons des lieux qui transforment les espaces urbains en endroits significatifs. » C’est une approche holistique du développement immobilier. Les projets doivent être rentables – c’est le point de départ, sinon personne ne les financera –, mais le profit ne doit pas se faire au détriment de la forme, du design et de l’intégration, ni entrer en conflit avec eux. Je vois cela comme un équilibre entre magie et logique.
Ma vie de promoteur immobilier et celle d’explorateur ont été façonnées par McGill. En ce qui concerne la philanthropie, cela vient en partie de McGill et en partie de ma nature profonde, après avoir été témoin d’une pauvreté incroyable, surtout dans les zones de guerre. En Amérique du Nord, nous avons tellement de richesses, de compétences et de capacité à changer les choses. J’ai des compétences et des réseaux, alors ma femme et moi avons lancé une initiative locale pour construire des écoles et des puits en Éthiopie, au Rwanda et en Ouganda. Je me sens bien à l’idée d’apporter un changement positif dans le monde.